Ceux qui ne sont pas contents, mais...


    Pas mal de gens ignorent les tenants et aboutissants réels d'un projet tel que la construction d'une autoroute telle que la E420. Outre ceux pour qui ce problème n'éveille qu'un vague intérêt de passage, détaché et goguenard, d'autres adoptent parfois une attitude plus ambigüe. Ainsi, dans la file du supermarché ou accoudé au bar du café du coin, vous pourrez éventuellement rencontrer :

  • le "nimbiste type" qui, dans la plus pure tradition nimby, veut la E420, mais chez le voisin et avec échangeur s.v.p. (la revue de presse est éclairante à ce sujet) ;
  • le fataliste mono-neuronal qui pense que tout est joué d'avance et que ça ne sert à rien de bouger. Attitude passive assez commode qui permet de justifier l'inaction et/ou d'éviter la surchauffe intellectuelle. N'est pas toujours conscient qu'il tire contre son propre camp ;
  • le contestataire par délégation qui partage entièrement l'avis des opposants, mais pense qu'ils sont suffisamment nombreux pour le représenter. N'est pas toujours conscient qu'il tire contre son propre camp ;
  • le révolté au kilomètre dont la mauvaise humeur augmente proportionnellement à la distance qui le sépare du tracé maudit ;
  • le gourou de la dernière heure qui soutiendra qu'il vous l'avait bien dit que ce serait comme ça quelle que soit l'issue du problème ;
  • le condescendant navré parce que c'est-vraiment-moche-ce-qui-vous-arrive-
    mais-bon-il-faut-bien-que-ça-se-fasse-quelque-part-hein.
  • le partisan du Grand Soir qui rêve d'écraser tous ces bourgeois sous le bitume.
  • le politique opportuniste qui est farouchement contre, mais qui voit déjà les contreparties sonnantes et trébuchantes qu'il pourrait judicieusement obtenir.