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Désignation du Bureau
d'étude d'incidences : précipitation et sous-estimation
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Décembre 2001
COMMUNIQUE DE PRESSE DU 12 DECEMBRE 2001 MAISON
DE LA PRESSE - CHARLEROI
Concerne : Appel d’offres général réf. A service 12, CPC
867
Désignation d’un Bureau d’étude pour une étude d’incidence dans
le cadre de la modification des plans de secteur de Charleroi et
Philippeville-Couvin en vue de l’inscription d’un tracé de voie
rapide à grand gabarit entre Charleroi et Somzée.
L’ASBL C.S.A.P. a pris connaissance du
cahier des charges joint à l’appel d’offres pour la désignation
du bureau d’étude d’incidences. L’appel d’offre a été lancé le 30
novembre dernier.
Elle y a relevé de nombreuses imprécisions
et erreurs de procédures dans le cadre des marchés publics qui ne
permettent pas de garantir un choix objectif du bureau d’études.
L’objet de la conférence de presse est
de dénoncer ces erreurs de procédures au niveau de l’appel d’offre
dans le cadre de la législation des marchés publics.
L’ASBL. C.S.A.P. signale, qu’indépendamment
de cette démarche, elle a fait analyser la procédure de modification
du plan de secteur par son conseil juridique Maître Denis Brusselmans.
Cette analyse fera l’objet d’une autre communication en temps opportuns.

Le 4 octobre dernier, le Gouvernement
Wallon, par arrêté, à décider de procéder à la révision des plans
de secteurs de Charleroi et de Philippeville afin d’y inscrire le
tracé d’une voie rapide à grand gabarit (E420) entre Charleroi et
Somzée. En parallèle le Gouvernement a décidé de modifier les plans
de secteur de La Louvière-Soignies et Thuin-Chimay pour l’inscription
du tracé de la N54.
Le 5 octobre 2001 la Région Wallonne
procède à un premier appel d’offres. La remise des offres a lieu
le 31 octobre. Après analyse, la Région décide d’annuler l’appel
d’offres pour la raison officielle suivante : les bureaux d’études
ont, dans leur offre, limité le nombre de tracé à étudier alors
que le cahier des charges prévoyait que l’on étudie toutes
les alternatives proposées lors de la consultation populaire. Officieusement,
l’ASBL C.S.A.P. suppose que le montant des offres rentrées dépassait
le montant pivot (8.600.000,-BEF) au-dessus duquel il fallait procéder
à un appel d’offres européen. Cette procédure est nettement plus
longue et modifiait l’agenda de la procédure annoncé au public.
En conseil des Ministres du 29 novembre
2001, le gouvernement wallon a décidé de relancer l’appel d’offres
avec des délais excessivement courts. La désignation du Bureau d’études
est prévue pour le 21 décembre 2001.

1° Pas de publicité européenne : nous nous étonnons qu’un marché
de cette importance n’ait pas fait l’objet d’une publicité européenne.
L’estimation du marché est-elle inférieure à 8.600.000,-BEF et si
oui comment a-t-elle été calculée ?
2° Des délais de remise de prix et d’attribution du marché trop
courts :
- Le délai de 10 jours pour la remise
des offres (du 30 novembre au 11 décembre 2001) est trop court pour
étudier correctement une offre d’une telle ampleur.
- Le délai d’analyse des offres prévu
pour le 14 décembre ne permet pas d’interroger les bureaux
d’étude en cas de donnée administrative manquante ou de prix anormalement
bas. Le risque de voir éliminer abusivement un des bureaux est réel.
3° Des critères d'attributions non pondérés.
Les critères ne sont pas pondérés, ils
ne permettent pas aux bureaux d’études d’en estimer l’importance
dans leur l’offre et au fonctionnaire dirigeant d’établir un classement
correct.
4° Des critères d’attribution imprécis qui ne permettent pas
un classement objectif des bureaux d'études:
a) La composition de l’équipe proposée :
Le descriptif ne précise pas la méthode
de classement du critère : est-ce le nombre de personnes qui est
prédominant ou la qualification? Quel titre ou quel diplôme a le
plus de valeur ? Quelles sont les qualifications retenues ? etc.
b) L’expérience :
Ce critère fait double emploi avec l'agrément
de la Région Wallonne.
Il ne peut être réutilisé comme critère
de classement.
Pour ce critère aussi, le descriptif
ne précise pas la méthode de classement.
c) Le prix :
La méthode de calcul de prix laisse
le champ libre à l’interprétation.
D’une part, le concept de tracé n’est
pas défini.
Qu’en est-il des variantes sur un tracé?
Doivent elles être considérées comme des tracés à part entière ou
sinon comment leur étude est-elle rémunérée?
D’autre part, le nombre de tracés à étudier
prévus en quantité présumée, au poste 3 du bordereau de soumission
– Critère du prix (Chapitre 1, Contenu de l’étude d’incidence 1ere
partie, points 2.3 à 3 ) est sous-estimé.
Considérer que le bureau d’étude n’aura
que cinq tracés à étudier après la première phase d’analyse des
tracés alternatifs n’est pas justifiable.
En effet, Le point 3 du cahier
des charges stipule que l’auteur de l’étude d’incidence devra étudier
l’avant-projet, l’aménagement des voiries existantes, et les tracés
alternatifs. Cette obligation découle de la décision prise par le
Gouvernement wallon le 4 octobre 2001 qui stipule : « Considérant
qu'au vu du présent dossier, il est en conséquence judicieux que,
lors de l'établissement des avant-projets de plans de secteur modificatifs,
il soit tenu compte des résultats de la participation du public
et des alternatives crédibles formulées lors de la consultation
préalable volontaire . »
L’avant-projet comprend déjà trois tracés.
L’aménagement des voiries existantes en est un quatrième. Si nous
nous référons donc au cahier des charges tel que formulé, le fonctionnaire
dirigeant ne choisirait qu’un seul tracé alternatif parmi ceux proposés
par la population lors de la consultation préalable.
Nous constatons, par ailleurs, avec le
plus grand étonnement, que dans le cahier spécial des charges pour
l’appel d’offres en vue de désigner le bureau d’étude dans le cadre
de la révision des plans de secteur de La Louvière-Soignies et Thuin-Chimay
pour l’inscription du projet de tracé de la N54, le nombre
de tracés à étudier dans la même phase est de sept (contre cinq
dans le cadre de l’E420) et de cinq en phase finale (contre trois
dans le cadre de l’E420). Ceci alors que la problématique de la
N54 est considérablement plus simple en raison de la connaissance
exacte des points de raccordement, de la faible densité d’habitat
des zones traversées et de l’impact bien moins sensible sur la mobilité
de la Ville de Charleroi.
Cette sous-estimation volontaire du nombre
des tracés apparaît dès lors comme une limitation drastique de la
consultation populaire voulue par la Région Wallonne et est de nature
à jeter la suspicion sur les intentions réelles du Gouvernement.
Une estimation correcte retiendrait,
en plus des quatre tracés de base, les trois tracés retenus
par l’étude du CREAT de 1996 et au minimum trois tracés issus de
la consultation populaire.
Soit, 10 tracés. Cette estimation se
rapproche de la quantité prévue dans le cadre de la N54 majorée
du fait de la complexité de la problématique de l’E420.
Le doublement de la quantité présumée
de tracés à étudier aurait plusieurs conséquences :
- une augmentation du montant estimé du marché et donc la
nécessité encore plus pressante de procéder à une publicité
européenne,
- un risque de modification de classement des entrepreneurs
sur le critère du prix,
- une prolongation de facto du délai d’étude.
d) Le délai :
A nouveau, la méthode de classement n’est
pas précisée. Doit–on supposer qu’un délai plus court est plus favorable
qu’un délai plus long ? Un délai trop court n’est-il pas préjudiciable
à la qualité de l’étude ?

Ces nombreuses erreurs, imprécisions,
et sous-estimations ne permettent pas de remettre valablement prix
et de classer correctement les bureaux d'études. Elles entraîneront
inévitablement les tribunaux ou le Conseil d’Etat à annuler
la procédure et, en cas d’attribution du marché, ouvriraient le
droit à des indemnités pour les bureaux d’études évincés.
Soucieux d’éviter ce genre de désagrément
au Gouvernement Wallon et attentifs au bon déroulement des procédures,
L’ASBL C.S.A.P. demande au Ministre FORET d’annuler l’appel d’offres
en cours et de relancer la procédure sur des bases respectant la
législation des marchés publics.
L’ASBL CSAP a écrit ce jour au Ministre
Michel Foret dans ce sens.


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